05 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

Les écrits mythologiques #2 Le mythe d’OEdipe

Œdipe est un personnage mythologique Grec qui a traversé les époques, de Sophocle à Pasolini en passant par Freud ou Anouilh. Beaucoup d’auteurs ont décidé de reprendre le mythe que Sophocle avait mis en scène au Vè siècle avant l’Ere Commune. Nous pourrions considérer le personnage d’Œdipe comme étant la personnification de l’adage selon lequel nous ne pouvons en rien échapper à notre destin, qui est d’ailleurs prédéfini à notre naissance. Mais Freud (le créateur de la psychanalyse moderne) voit plutôt ce mythe comme étant la représentation du désir masculin éprouvé par le jeune garçon en général pour sa mère.

Dans ce cadre, plusieurs questions s’offrent à nous : en quoi consiste ce mythe ? Qui sont toutes ces personnes que nous avons évoquées plus haut ? Autant de question auxquelles nous allons tenter de répondre ici.

 

 

Résumé du mythe d’Œdipe

Œdipe est le fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de la ville Grecque de Thèbes (près de Corinthe). Pour comprendre la vie d’Œdipe, il faut savoir que la vie Antique de tout Homme est imprégnée par la religion. Plus précisément, la Grèce antique est un conglomérat de cités-Etat dont certaines étaient reconnues pour leurs voyantes. L’histoire commence lorsque le couple royal va voir l’une d’entre elles (la Pythie de Delphes pour être précis) pour savoir l’avenir du bébé qu’il venait d’avoir. Malheureusement pour eux, la pythie leur révéla que leur enfant « tuera son père » et « épousera sa mère ». Dans un excès de peur (et de tristesse), Laïos et Jocaste confient leur bébé à l’un de leurs serviteurs en lui ordonnant de laisser pendre l’enfant par les pieds dans le désert.

Malheureusement pour le couple Thébain, ledit serviteur ne put pas faire ce qu’il lui avait demandé, apitoyé par les pleurs du bébé. Il le confia alors à des bergers Corinthiens qui l’amenèrent rapidement à leur roi, Polybos, dont la femme (Polyboea) ne parvient pas à avoir d’enfant. L’enfance d’Œdipe, ainsi nommé par le roi à cause de ses pieds enflés, est tout à fait normale, mais cela va changer lorsqu’il aura été voir la Pythie à son tour après une simple dispute, apprenant par là la prophétie assez « morbide » doit-on dire.

Ne voulant pas revenir à Corinthe de peur que la prophétie se réalise, il partit à travers la Grèce. Malheureusement pour lui, il venait de « signer » involontairement la mise en marche de ladite prophétie, puisqu’il croisera sur sa route un vieil homme qui voulait passer sur le chemin où se trouvait le héros. De nature assez énergique, ce dernier tua le vieillard qui était en réalité Laïos. La première partie de la prophétie s’est alors réalisée. Plus tard, il arrive à Thèbes où il se fait arrêter par un monstre sanguinaire qui assaillait la ville en empêchant les voyageurs de passer en leur posant des questions auxquelles ils doivent répondre juste sous peine d’être dévoré. A la question « Quel est l’animal qui le matin marche sur quatre pieds, à midi sur deux et le soir sur trois ? », il répondit sans une once d’hésitation qu’il s’agissait de l’Homme, puisqu’il marche à quatre pattes lorsqu’il est bébé, à deux pattes lorsqu’il est adulte et à trois pattes lorsque le poid de l’âge est trop important. Vaincu, le Sphynx se suicide, libérant la ville.

Pour le remercier, la ville lui offrit la main de la reine Jocaste, terminant ainsi la prophétie avec l’inceste. Les dieux laissèrent le couple mère-fils avoir quatre enfants, deux fils (Etéocle et Polynice) et deux filles (Antigone et Ismène), avant de décider de punir ce roi meurtrier. Ils finirent par infecter la ville, la peste tuant de nombreux Thébains. Envoyé par son neveu/beau-frère, Créon alla s’enquérir de la solution du problème auprès de la Pythie, qui lui annonça que le meurtre de Laïos devait être vengé. Apprenant cela, Œdipe maudit l’auteur de l’assassinat, et, après avoir consulté le sage Tirésias, il interrogea le témoin du meurtre qui avait confié le bébé aux Corinthiens.

Par honte, Jocaste se suicide alors. De son côté, après s’être rendu compte de cette mort et du fait que ses enfants étaient maudits, Œdipe se creva les yeux et partit en exil avec l’aide d’Antigone. L’histoire se termine un peu mieux pour lui, puisqu’il est absous de tout ce qu’il a fait par Thésée. Il meurt reconnaissant à Colonne. Selon ce que l’on sait, un oracle aurait dit que sa sépulture attirait la bénédiction des dieux. C’est d’ailleurs pour cela que ses enfants voulurent qu’il revienne à Thèbes.

 

Quelques biographies des personnes tournant autour du mythe

Il est intéressant de noter que j’ai personnellement suivi une filière littéraire pendant mes trois années de lycée. Même si cela remonte à 2016, je me souviens que les deux œuvres au programme durant mon année de terminale (2015-2016) étaient Madame Bovary de Gustave Flaubert et Œdipe roi, que ce soit la pièce originale de Sophocle ou son adaptation cinématographique réalisée par Pier Paolo Pasolini.

Nous allons tout d’abord faire la biographie de ces deux dernières personnes avant de nous attarder sur celles d’Anouilh (un autre dramaturge qui mit en scène Œdipe roi) ou Freud (qui est à l’origine de la psychanalyse actuelle).

Sophocle

Né non loin d’Athènes vers 496 et mort vers 406 avant l’Ere Commune, Sophocle partage le haut du classement des poètes tragiques connus de la Grèce antique avec Eschyle et Euripide. Il fait preuve d’une fièvre politique et d’une noblesse d’esprit que peu d’hommes de son rang ont, et ce quelque soit l’époque où l’on se positionne.

Nous pouvons compter 123 œuvres dramatiques à son actifs, œuvres qui ne se comptent plus qu’au nombre de sept si nous les comptons actuellement. Parmi ces sept œuvres se trouvent entre autres Œdipe roi, Antigone, Ajax et Electre. Il fait parti de ceux qui permirent à Athènes de rayonner. En opposition avec son concurrent Eschyle, Sophocle utilise moins le chœur (ensemble de personnes qui commentent l’action sous différentes formes), permettant au héros d’approfondir sa psychologie. Nous pouvons noter par exemple la présence des topoï de la vie et de la mort (parmi tant d’autres) dans ses œuvres mondialement connues. C’est sans doute pour ça qu’Aristote l’élève comme « modèle de la tragédie dans la Poétique.

Pier Paolo Pasolini

Né le 5 mars 1922 à Bologne et mort assassiné le 2 novembre 1975, il passa tout ou partie de sa vie dans une famille assez… unique en son genre. En effet, son père était officier fasciste alors que sa mère était profondément anti-Mussolini. Je pense que ces deux points de vue radicalement opposés l’ont beaucoup marqué puisqu’il ne faisait réellement confiance qu’à « la réalité ».

Il tourna plusieurs films entre 1961 et l’adaptation de son roman Accattone et sa mort en 1975. Sa filmographie personnelle compte au total une dizaine de films (onze au total) : sans compter Accattone que nous venons d’évoquer, nous pourrions citer Mamma Rosa (1962), Teorema (1968), film qui d’ailleurs le fit connaitre au grand public, Porcherie (Porcule, 1969) où Jean-Pierre Léaud joue un rôle, l’adaptation de Medea avec Maria Callas et Laurent Terzieff, son ensemble intitulé Trilogie de la vie (comptant les films Il Decameron, Les Contes de Canterbury et Les Milles et une nuits). Il faut savoir également qu’il s’opposera toute sa vie contre le type de société dans lequel il vivait. Il rejette ainsi le conformisme et l’acculturation qu’elle engendra, comme le fascisme. Nous pourrions ainsi résumer son film Ecrits corsaires.

Son dernier film, Salò ou les jours de Sodome (sorti le 19 mars 1976), s’inspire des œuvres du marquis de Sade et des événements de la Seconde Guerre Mondiale, événements dont certaines scènes cinématographiques assez évocatrices pour leur violence sont déconseillées aux personnes émotivement sensible (enfants comme adultes). Il deviendra d’ailleurs une référence dans le domaine qui influencera de nombreux artistes tel que Gaspar Noé par exemple. Malheureusement pour lui, le réalisateur Italien sera tué six mois avant la première projection du film.

Anouilh

Jean Anouilh, son nom complet étant Jean-Marie-Lucien-Pierre Anouilh (1910-1987), est un dramaturge Français qui suivait à l’origine des études de droit. Il préféra néanmoins une carrière littéraire avec l’écriture de la pièce L’Hermine en 1932. Parmi la trentaine d’œuvre que nous pourrions lui attribuer, nous pourrions citer ses plus connues comme Le Voyageur sans bagages (1932), La Sauvage (1938), Eurydice (1942), La Répétition ou l’Amour puni (1950, pièce qui émerveilla Marivaux), L’Alouette (1953), et Beckett (1959).

Les œuvres de l’auteur Français ne ressemblent en rien aux autres œuvres tragiques, telle que l’Antigone de Sophocle, puisqu’elles usent d’un tragique unique qui peut se révéler assez… éprouvant émotivement. Selon le dramaturge, il serait proche du monde de Molière, plus précisément de la violente critique que le dramaturge Français du XVIIè siècle fait de l’inutilité de la vie.

Sigmund Freud

Sigmund Freud (1856-1939), à l’origine un « simple » médecin neuropathologue Autrichien d’origine Juive, est plus connu pour être le père de la psychanalyse moderne. Cet art médical permet la guérison de névroses grâce à l’analyse psychiques. Selon Freud, l’analyse psychique peut être vu de trois manières différentes : il s’agirait d’une façon de rechercher les processus mentaux à des buts thérapeutiques tout en théorisant le fonctionnement psychique humain.

Grâce à cette théorie, le médecin Autrichien peut formuler quelques éléments de réponses sur ce qui crée certains phénomènes sociaux. Nous pourrions prendre l’exemple de l’interdit de l’inceste (qu’il résume dans Totem et Tabou) ou l’étude intéressante menée autour de la religion par le psychanalyste dans son livre L’avenir d’une illusion. Si nous avions étudié à la faculté de Vienne entre 1883 et 1938 (année où il s’exila à Londres à causes des Nazis), nous aurions pu croiser Freud en tant qu’enseignant.

Sur le plan religieux, l’auteur Autrichien athée pense que les religions sont des freins au bon développement de l’ouverture d’esprit des hommes. Malheureusement pour la profession, elle est souvent critiquée par de nombreuses personnes à cause du manque de confirmation scientifique autour de sa performance et des agissements perçues comme sectaires de ses partisans.

C’est lui qui est d’ailleurs à l’origine du complexe d’Œdipe, basé bien sur le personnage du mythe. Selon Freud, ce complexe représente la volonté du garçon en bas âge de tuer son père et d’épouser sa mère.

 

 

Pour conclure, nous pouvons dire que le mythe d’Œdipe a traversé toutes les époques avant de devenir une référence psychanalytique de nos jours.

http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/antigone/mytheoedipe.htm

http://legere.free.fr/anouilh.html

http://www.cinefil.com/star/pier-paolo-pasolini-2/biographie

https://www.lepetitlitteraire.fr/auteurs/sophocle

http://atheisme.free.fr/Biographies/Freud.htm

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